Lundi 27 avril 2009
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Alors que les premières herbes commencent à pointer timidement le bout de leur nez en ce début de printemps
après une minuscule averse de quelques mm,
(oui, la photo est de travers, désolée)
une violente tempête de sable s'est levée sur Bayankhongor,
Et alors que nous sommes bien à l'abri dans la mini bus lancé à 80 km/h sur les pistes ravagées (ça
fait pas super impressionnant dit comme ça 80km/h mais sur les pistes ici donne des sensations fortes je vous assure) car Dorj, notre nouveau chauffeur, a peur pour sa carrosserie que le
sable raye,
les éleveurs qui n'avaient pas prévu le tempête sortent en catastrophe de leur yourtes pour aller
chercher leurs troupeaux à chameaux ou à cheval, affrontant le vent déchirant chargé de sable. Ceux qui avaient prévu la tempête les ont déjà rassemblés dans les enclos près des yourtes.
Le lendemain, de nombreuses bêtes perdues errent en solitaire dans la steppe, tous les troupeaux de chevaux qui sont d'ordinaire non gardés se sont instinctivement rassemblés le long de
la piste principale, formant un ENORME troupeau. Une vieille éleveuse à qui nous rendons visite nous résume les faits : c'est une CATASTROPHE pour la pousse de l'herbe. Les premières
pousses ont été cassées par le vent et ensevelies sous le sable. Ces tempêtes sont courantes au moi d'avril. Elles peuvent parfois être suivies de tempêtes de neige. Bref, la vie n'est
pas facile pour les herbes ici.
Le paysage au lendemain de la tempête est un peu triste. Tous les pâturages sont ensevelis sous le sable. On ne peut pas s'empêcher de penser aux steppes de Chine du Nord qui ont disparu
sous le sable avec le désertification, phénomène accéléré par le surpâturage. Le régime communiste de l'époque augmentait les quotas de production avec la demande grimpante de
viande par la population chinoise de plus en plus nombreuse a alors accéléré le surpâturage et le phénomène de désertification. La dégradation des pâturages a également été accélérée par
l'augmentation du nombre de chèvres à cachemire dans les troupeaux avec le prix rémunérateur de celui-ci . Les chèvres sont bien adaptées au climat ici et ont toujours été très présentes
dans cette région aride. Elles mangent des espèces différentes des autres animaux ce qui les rend complémentaires mais contrairement à eux, elles arrachent les racines des plantes qui ont
un rôle essentiel dans la stabilisation du sol dans ce milieu écologiquement fragile et soumis à la désertification. La proportion de chèvres dans les troupeaux qui oscillait autour de
40% pendant la période communiste dans notre région d'étude a atteint plus de 85% aujourd'hui depuis la décollectivisation et la privatisation des troupeaux.
Les éleveurs sont demandeurs de nouveaux puits dans des pâturages qui n'en sont pas pourvus. Demande tout à fait compréhensible car les prix des produits animaux baissant, ils sont alors
contraints d'augmenter leurs effectifs pour garder un salaire constant. Ils aimeraient donc pouvoir exploiter de nouveaux pâturages car ceux sur lesquels ils pâturent sont surpâturés. Le
problème, c'est que l'absence d'eau dans ces pâturages a historiquement joué le rôle de préservation de ces pâturages qui constituent alors des "réserves de pâturage" exploitables en cas
de coups durs. Lors d'hivers rudes par exemple où les animaux peuvent pâturer et d'abreuver grace à la neige. Des éleveurs de passage peuvent également faire paître leurs animaux en
restant seulement un ou deux jours avant de retourner vers un point d'eau... Quelle seraient donc les conséquences de l'ouverture de ces réserves de pâturages à la pâture en y creusant
des puits ?
Bref, tout ça est problématique et un peu complexe. Mais bon, il paraît qu'on est là pour ça...
Par Bout'
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Merci beaucoup pour ce message, ça me fait vraiment plaisir d'avoir des nouvelles de France (et de surcroît de l'école de Port !!) de temps en temps !! Mais oui, cette blague est géniale, je suis bien d'accord avec vous ! Héhé.
Nous avons échangé des mails avec votre amie qui vient bientôt, j'espère pouvoir la voir.
Merci encore et à bientôt,
Passez le bonjour à François de ma part,
Au plaisir,
Morgane
J'espère que vous pourrez vous voir avec mon amie. C'est quelqu'un de bien. Aux dernières nouvelles, ils s'approchaient du lac Balkai...
Bravo pour ce que tu fais et qui t'ouvre l'esprit ! A l'école, on est tous assez admiratifs.
Très amicalement. JFS